« Des transitions réinventées… par les enfants! »

Que représentent pour vous les moments de transition? On sait en théorie que ces périodes devraient être amusantes et simples à gérer. Qu’en est-il vraiment? Au domicile, Cédric n’apprécie guère que papa lui demande de se diriger à la salle de bain pour se laver. Il se sauve et se cherche une cachette chaque soir. Au CPE, Sofia se dirige à la fenêtre dès que la période de rangement est signalée. Elle s’éloigne du groupe à chaque changement de routine.

Régulièrement, les adultes se disent à court d’idées. Ils mentionnent qu’il est laborieux de renouveler leurs stratégies pour améliorer le déroulement. Rapidement, on retourne dans les vieilles habitudes d’agir mécaniquement. Les règles ennuyeuses reprennent la vedette : garde ton rang, reste assis, attends ton tour, etc. Des phrases redondantes qui atteignent plus ou moins les enfants.

Avez-vous déjà pensé utiliser la créativité des enfants pour faciliter votre quotidien?

Comme toujours, il y a de l’espoir! Encore une fois, il suffit d’OBSERVER les enfants! Ils débordent de vie avec leur corps et leur imagination. Par exemple au moment de former le train, Sara sautille sur un pied, Mathis fait l’avion, Anaïs se déplace en « crabe » de côté. Il suffit de saisir l’occasion pour obtenir immédiatement un déplacement agréable : « Les copains, regardez Mathis, il fait l’avion. Quelle idée originale pour se rendre au vestiaire! On fait comme lui! »  À coup sûr, les enfants prendront plaisir à imiter leur copain, et quelle grande source de valorisation pour ce dernier!

Même stratégie au vestiaire. L’attente est longue pour ceux qui ont terminé de s’habiller. Pendant ce moment, Marie vide le sac à dos de sa voisine. David s’amuse à grimper sur les bancs et à courir dans le vestiaire. Quant à Louis, il recherche les lettres de son prénom sur les casiers identifiés près de lui. Par conséquent, il devient plus simple de suggérer l’idée de Louis plutôt qu’intervenir sans cesse sur les comportements inappropriés. L’énergie est précieuse pour nous les adultes. Il s’ensuit qu’il faut développer l’habileté à la conserver.

Lors des repas et collations, la période de transition peut être profitable pour les copains qui cherchent à meubler le temps. Juliette dessine avec son doigt des objets sur la table ou sur le dos d’un ami. Arnaud observe ses copains pour connaître la couleur de leurs yeux et leurs cheveux. Coralie essaye de compter le nombre de doigts que sa voisine lui montre.

Chaque enfant possède une magnifique boîte à idées illimitée! Observer et imiter leurs suggestions. Ce moyen encourage les enfants à reproduire les comportements souhaitables. Cibler comme modèles les enfants plus actifs versus les plus discrets lors des moments opportuns dans la journée! Bonne observation et regardez Vers l’Avant!

Ah ce qu’on est bien quand on est dans son bain!!!

Habituellement, les enfants aiment l’eau : que ce soit dans une piscine, au lavabo ou encore jouer dans les flaques d’eau! Qu’en est-il du bain? La plupart des parents vous diront que c’est un moment plaisant et attendu dans la routine quotidienne de leur petit! Les enfants en ressortent calmes et détendus. En fait, le bain est sensé servir d’une douce transition en vue de se préparer au sommeil.

Ce petit scénario idyllique est souhaité par bien des familles qui vivent cette période comme une course dans les pleurs et la confrontation. Certains enfants pour une raison ou une autre détestent prendre leur bain. Voici quelques trucs simples pour transformer positivement cette routine.

La routine

Expliquer à l’enfant le rôle du bain et l’importance de l’hygiène. Pour appuyer vos propos, vous pouvez utiliser du matériel comme des livres, des vidéos, des chansons… L’enfant doit comprendre que le bain est essentiel et non négociable. Prévoir suffisamment de temps pour cette routine. Montrer-lui une routine imagée indiquant que le moment du bain est arrivé.

Afin de faciliter sa collaboration, réserver une activité agréable qui répond à ses intérêts pour la période qui suit le bain. Rester calme, patient et ferme. Commencer par le laisser s’amuser quelques minutes. Placer une minuterie ou un sablier en lui disant que vous le laverez lorsque les minutes seront terminées. Ainsi, il aura le temps de se détendre et l’effet « surprise » sera évité grâce au sablier. Intégrer la routine du bain chaque jour autour des mêmes heures.

Montrer-lui sur un pictogramme si c’est la journée où il faut laver ses cheveux. Faites-lui tenir la pomme de douche pendant que vous le savonner. Pour lui changer les idées, vous pouvez compter jusqu’à 15, chanter une chanson, laver aussi les cheveux de sa poupée… Bref, le parent doit ajouter des « petites bulles pétillantes » en développant son imagination! Au fil du temps, l’enfant acceptera ce moment quotidien et ne voudra peut-être plus sortir du bain!!!

La sécurité

L’enfant qui démontre de la peur peut se sentir en sécurité si l’adulte embarque avec lui dans le bain. Amusez-vous et détendez l’atmosphère afin d’éviter « d’alimenter » sa peur. L’accompagner dans l’eau régulièrement au début. Lorsque vous remarquez qu’il prend de l’assurance, sortir quelques minutes avant lui en le laissant jouer avec son jouet préféré. Graduellement, allonger les périodes où l’enfant demeure seul dans la baignoire. Encourager toutes les petites victoires!

L’ambiance

Il est possible de créer une ambiance calme et réconfortante. Disposer une chandelle près du bain, tamiser les lumières et compléter avec de la musique douce! Un bon moyen d’en profiter soi-même et d’amener le bambin à se détendre.

Le plaisir

Choisir avec l’enfant un jouet qu’il aime pour aller prendre son bain. Laisser aller votre imagination pour créer de la variété : plats de plastique, une grosse cuillère en bois, bulles, dinosaures, poupée, mousse… Jouer et chanter avec lui!

Il se vend une panoplie de jeux pour le bain qui rejoint les intérêts de chacun comme des crayons lavables et des pastilles pour colorer l’eau. Vous pouvez choisir avec lui le shampoing et le savon. Dans les magasins, on offre une multitude de bouteilles attrayantes et d’odeurs stimulantes qui plaisent aux tout-petits!

À la garderie comme à la maison copains, copines nous rangeons!

La période du rangement devient régulièrement une source de conflit tant à la maison qu’au milieu de garde.  Dès leur jeune âge, les enfants sont exposés plusieurs fois par jour à  une consigne redondante et ennuyante: « C’est le moment de ranger! ».  Ces nombreuses interruptions occasionnent régulièrement de la frustration et de l’opposition. 

L’adulte développe de l’anticipation puis le cycle de la roue s’installe : répétition de la consigne, participation de certains tandis que d’autres feignent de ne pas avoir entendu… Grrr…  Est-il possible de transformer cette effervescence en un jeu simple et amusant? Oui, le plaisir et l’harmonie peuvent être au rendez-vous!

Penser à déterminer un marqueur de transition qui aide à repérer le jeune. Soyez constant afin de créer une routine (ex. lumière fermée, une chanson, un instrument de musique, une minuterie, un toutou musical…).

Voici quelques suggestions à adapter selon l’âge de l’enfant.

  • Ranger les jouets par couleur, grosseur, forme, poids.
  • On se transforme en détectives : avec une loupe à la main, les amis deviennent des inspecteurs qui voient tout!
  • Jeu des lumières : « vert, on se dépêche et on range rapidement! », « jaune, on marche calmement en rangeant », « rouge, youpi une courte pause! ».
  • On devient un kangourou : les copains retournent le bas de leur chandail vers le haut pour former une poche.  Ils peuvent maintenant y déposer des jeux et les rapporter à l’endroit approprié!
  • Utiliser des poussettes, des petits paniers d’épicerie, des sacs à dos… Ranger en jouant encore avec un jeu, c’est génial!
  • Course à relais : former des équipes, placer les bacs au bout du local et au signal, les copains se relayent. Vive la coopération!
  • Utiliser des mitaines à four : nos cuistots ont du pain sur la planche!
  • Créer une ambiance nocturne (toiles baissées et la lumière éteinte) : les enfants rangent en utilisant une lampe de poche; ils deviennent des hiboux qui voient bien dans la nuit!
  • Décorer chacun un sac d’une manière créative et personnalisée (images de super héros, photos de leur famille, voyage, animaux préférés, matériel de bricolage…). Lors du rangement, ils seront fiers de le remplir!
  • Offrir un petit toutou ou une marionnette à doigts qui les accompagnera et les encouragera à bien « travailler en équipe »!

Sortez des sentiers battus et amusez-vous avec les enfants! Tous en profiteront!  Regardez Vers l’Avant!

Les repas: périodes de détente ou de tumulte?

L’heure des repas en famille et au CPE, un temps si calme et paisible! On échange des propos agréables en savourant de délicieux mets dont tous les enfants raffolent. Est-ce tous les jours comme cela à votre table? Vous créez sûrement des envieux autour de vous! Pour les autres, les informations qui suivent pourront sûrement vous servir.

Tout d’abord, il faut savoir que la faim est une sensation ressentie dès la naissance. L’enfant l’exprime habituellement dès les premières heures de sa vie. De plus, l’appétit des enfants varie régulièrement : poussée de croissance, saisons, quantité d’énergie dépensée, âges, émotions, activités extérieures, maladies, etc.  Il importe d’en tenir compte.

L’enfant peut également traverser des étapes où il préfère manger tout combiné et quelques mois plus tard il trie tous ses aliments. Il faut miser sur la variété et la qualité plutôt que sur la quantité. Hormis une cause médicale, la plupart des enfants usent de stratégies efficaces pour éviter le plat principal. De plus, ils excellent pour négocier l’obtention de la très grande vedette : le dessert!

On devient las de réprimander et de menacer l’enfant afin qu’il mange son repas. L’obligation de manger peut provoquer une lutte de pouvoir où chacun en ressort perdant. L’enfant, le parent et l’éducatrice en arrivent à appréhender l’heure des repas. Il est reconnu que le stress influence négativement l’appétit.

L’objectif à se souvenir est de conserver une ambiance amusante et détendue. La clé, lâcher prise, démontrer de l’intérêt et du plaisir en mangeant! L’enfant mangera quand il aura faim! En échange, il est légitime que l’enfant reste assis à la table jusqu’à la fin du repas même s’il refuse de manger.

La routine imagée suivante décortique les étapes du repas. Elle permet au bambin de visualiser et mieux comprendre le déroulement de cette période. Ainsi, il apprendra à patienter davantage jusqu’à la fin. Regarder Vers l’Avant!

 Verre de lait Soupe Repas principal Dessert

Du plaisir durant les repas!

Au CPE comme à la maison, il y a une multitude d’activités simples à réaliser pour encourager l’enfant à découvrir l’univers de l’alimentation et le plaisir de se nourrir. Voici quelques suggestions :

  • Impliquer l’enfant durant la préparation. Dès un an, l’enfant peut verser des ingrédients dans un grand bol ou rincer les légumes dans le lavabo. En vieillissant, il peut mettre la table, mesurer et brasser les ingrédients…
  • Découvrir les aliments séparément en utilisant ses sens. Faire connaître l’aliment dans sa forme initiale. Faire voir ensuite les différentes transformations que l’aliment a subi (ex. patate devenue en purée).
  • Séparer les aliments dans l’assiette permet à certains bambins de mieux découvrir et apprécier la nourriture.
  • Faire choisir trois menus pour la semaine. Pour un amateur de pâtes, il est possible que ce menu revienne systématiquement (varier simplement les épices et les légumes).
  • Feuilleter régulièrement des livres de recettes appétissantes ensemble. Regarder avec lui des photos et soyez attentifs à son regard et ses commentaires. Lire la liste des ingrédients à voix haute et préparer ce repas dans les jours qui suivent.
  • Faire décider à l’enfant l’achat d’un nouvel aliment sain régulièrement. Cela peut se faire à l’épicerie, en feuilletant des circulaires ou sur Internet.
  • Créer une ambiance avec des chandelles. Allumer des bougies les matins de la semaine! L’enfant débutera bien sa journée et vous aussi! Varier la vaisselle, utiliser des nappes colorées et des serviettes de table amusantes. Oser changer la routine.
  • « Jouer » au restaurant durant le repas. Prendre sa commande, lui apporter la facture et le faire payer
  • Lui laisser prendre la quantité qu’il croit pouvoir manger. Servir une portion abondante décourage l’enfant avant même qu’il ait goûté la nourriture.

L’imagination est sans limite! Tirer des repas des occasions de découverte et d’apprentissage. Les bases d’une alimentation saine débutent dès la naissance et se poursuivent jusqu’à leur vie d’adulte! Regarder Vers l’Avant!

La « popote » du temps des Fêtes

L’enthousiasme du temps des Fêtes a débuté… Bientôt, les cuisines seront imprégnées de succulentes odeurs! La préparation des recettes s’avère une excellente occasion pour impliquer votre enfant. Vous partagerez du plaisir ensemble tout en favorisant une mine d’or d’apprentissages! Au menu principal, les mathématiques et le français sont à l’honneur. Au dessert, la motricité fine et les habiletés sociales complètent le repas. De nombreuses notions peuvent être présentées selon l’âge de l’enfant : fractions, comparer, évaluer, compter, reconnaître des chiffres et des lettres, lire, analyser les réactions des ingrédients qui se mélangent, explorer par les sens (ingrédients secs et liquides, froids et chauds, textures, odeurs, couleurs, goûts), vocabulaire, coordination des yeux et des mains en plus du contrôle des mouvements pour mesurer, verser et brasser, autonomie, prendre confiance (estime de soi), attendre son tour, partager l’espace si plus d’un enfant cuisine et démontrer de la patience avant de goûter!!!

En cette période festive, nous vous offrons une petite recette! Passez du bon temps de qualité à « popoter » avec votre enfant!  Si le cœur vous en dit, fabriquez-vous un livre de recettes créatif où l’enfant, selon ses capacités, illustrera ou écrira seul les ingrédients! Décorez-le à votre goût! Quel beau présent original à offrir pour les grands-parents!

Fudge pour les Fêtes :

  • 2 tasses de sucre
  • 2/3 de tasse de lait évaporé
  • ¼  de tasse de margarine ou de beurre ramolli
  • 20 guimauves coupées en 4 (plus facile à fondre ainsi)
  • 1 paquet (350 g) de brisures au chocolat mi-sucré

Mélanger le lait évaporé et la margarine molle en utilisant un malaxeur à basse vitesse.  Ajouter les morceaux de guimauves et les brisures de chocolat.

Cuire au micro-ondes environ 10 minutes à puissance élevée (faire 4-5 pauses pour brasser).  Attention, c’est très chaud!

Lorsque le temps est terminé, s’assurer que le mélange soit homogène (chocolat et guimauves doivent être bien fondus).  Sinon, poursuivre la cuisson quelques secondes.

Vider dans un plat en pyrex graissé. Laisser refroidir au frigo. Ensuite, diviser les portions et déguster un savoureux morceau avant de le placer au congélateur! Miam, miam!

Nous vous souhaitons un merveilleux Noël ainsi qu’une année 2013 formidable!  Regarder Vers l’Avant!

Courir le matin… c’est terminé!

Bip, bip! Le cadran sonne, la maisonnée s’éveille. Que la nuit fût reposante ou agitée, le train-train du matin se met en branle! S’habiller, se coiffer, réveiller les enfants, consoler fillette qui veut remettre encore son chandail rose, terminer les boîtes à lunch… Comment conserver sa bonne humeur et suffisamment d’énergie pour la journée de travail qui s’amorce?

Voici quelques trucs pour adoucir les débuts de journée.

Les boîtes à lunch! Débutez-les en cuisinant le souper. S’il est possible d’apporter des repas chauds à l’école, conservez une partie du repas. Sinon, préparez un repas froid en sollicitant l’aide de l’enfant. Demandez-lui d’exécuter des tâches simples comme étendre le ketchup et placer les tranches de jambon dans son sandwich. De même, il peut choisir et insérer dans sa boîte à lunch plusieurs aliments : yogourt, jus, fruits et légumes… Le matin venu, complétez en ajoutant un « ice pack ».

La préparation! Comme lors d’une pièce de théâtre, la mise en scène est primordiale. Avant d’aller au lit, choisir avec l’enfant les vêtements qu’il portera le lendemain. Dans le cas des demoiselles très fières, s’entendre aussi sur le type de coiffure désiré. Conserver une attitude positive même si les choix de l’enfant diffèrent des vôtres.

Le déjeuner! Avant d’aller au lit, demander à l’enfant de disposer sur la table ce qui sera disponible le lendemain matin. Offrez de la variété tout en demeurant réaliste par rapport au temps disponible. Les déjeuners gargantuesques devraient être réservés la fin de semaine!

Le cadran! Se lever plusieurs minutes avant la marmaille afin de se préparer puis savourer une gorgée de café! Un moment de détente avec soi-même.

Le réveil! Si on doit réveiller un petit ours aux attitudes grognonnes, la douceur est de mise. Se réserver cinq minutes pour se « coller » assure un réveil davantage charmant. De plus, les chances augmentent d’obtenir une meilleure collaboration pour la suite.

Le départ! Pour éviter un « sprint » final avant de quitter, s’habituer à consulter une liste pour chaque membre de la famille. Inscrire tout ce qui est nécessaire pour la journée : vêtements d’extérieur, boîte à lunch, sac d’école, effets personnels pour les adultes… On peut imager cette liste pour notre bambin de 4 ans qui ne lit pas encore. Il se responsabilisera tranquillement avant l’entrée scolaire.

Imaginer maintenant l’harmonie dans la maison avec des matins bien planifiés. Tout le monde sourit et se prépare calmement! Un scénario de rêve enfin réel! Bon matin et regardez Vers l’Avant!

Détente, sieste, relaxation… apprendre à se calmer petit et grand!

Dans la capsule La sieste, nous avons décrit les besoins de sommeil diurne des jeunes enfants. En effet, pour la majorité des bambins, un temps de pause est nécessaire afin de poursuivre le reste de la journée avec entrain! En échange, cette période de repos s’avère longue et fastidieuse pour d’autres.  Gigoter sans cesse, s’inventer des prétextes pour parler, rire… tout sauf apprendre à se calmer.  Voici quelques conseils pour ces enfants qui requièrent du soutien :

Tout d’abord, créez un environnement calme au minimum 15 minutes avant la période de la sieste. Permettez des jeux calmes comme des casse-têtes et des livres. Tamisez l’éclairage ou baissez les toiles à moitié pour conserver un peu de lumière. Diminuez le ton de la voix et faites jouer de la musique douce pour annoncer la période de la sieste.

Juste avant de se coucher, le moment du conte demeure très apprécié et gagnant. Ajustez  préférablement le style d’histoire qui conviendra au pouls actuel du groupe. Par exemple, si le niveau de fébrilité est élevé, l’histoire sur CD avec un « grand méchant » loup ne sera pas à privilégier pour obtenir le calme.

En ce qui concerne le lit (matelas), il doit être invitant. Proposer de dormir avec une doudou, un toutou ou un vêtement qui a été porté par un parent peut aider à s’abandonner au sommeil. En outre, une photo d’une personne significative apporte un effet sécurisant. Faire une cabane avec un drap au-dessus du matelas crée une ambiance réconfortante. Quant à l’emplacement, s’assurer qu’il soit rassurant.

Pour sa part, la musique est à utiliser avec parcimonie selon les réactions. Apprenez à observer les besoins individuels et collectifs.  Ce qui calme un bambin peut en stimuler ou stresser un autre.  Le silence est souvent le meilleur des somnifères! Le même phénomène est observé lorsqu’on caresse un enfant pour le détendre et l’endormir. Développez la délicatesse de vous informer auprès de lui s’il accepte ou non vos câlins.

Après 30 minutes de détente, permettez à ceux qui restent éveillés de prendre un jeu calme ou un livre en fonction de leurs intérêts.  L’objectif consiste à les encourager au respect des consignes émises : demeurer en silence et allongé. Graduellement, la motivation et le contrôle augmenteront afin de bénéficier de ce privilège. Félicitez tous les efforts démontrés pour apprendre à se calmer!

Sans contredit, la période de la détente devrait être agréable et énergisante pour les enfants et les adultes. C’est hasardeux présentement? Après la pluie le beau temps! Garder le cap Vers l’Avant!

La sieste

De la naissance à 5 ans, les besoins de sommeil se modifient. Ils passent de 15 heures de sommeil par jour vers 6 mois à 12 heures vers 4 ans. La nuit, les enfants devraient dormir en moyenne 10 à 12 heures. Ce qui varie le plus (durée et fréquence) est la sieste dans la journée. Le bébé peut faire trois à quatre siestes par jour pour ensuite diminuer à deux vers 12 mois et une vers 18 mois. Entre 3 et 5 ans, l’enfant qui dort 12 heures par nuit voit son besoin de sommeil diurne décroître avant son entrée à la maternelle.

Des aspects à propos du sommeil nocturne sont indéniables. Il est indispensable au bon fonctionnement du cerveau, à la croissance et à la quantité d’énergie pour bien fonctionner dans la journée. En échange, le temps de sieste et la nécessité de celle-ci varient d’un enfant à l’autre en fonction des besoins et des aléas de la vie. Les saisons, ses humeurs, la maladie, le stress, une fête et bien d’autres situations peuvent influencer le sommeil diurne. On doit ajuster la routine en tenant compte de ces changements. Il faut être à l’écoute de l’enfant. Chaque enfant possède ses propres signaux pour exprimer son besoin de sommeil (frotter les yeux, pleurnicher, sucer son pouce…). L’observation est la clé pour les découvrir et ainsi s’adapter au rythme du jeune.

Une question est régulièrement posée par les parents; la sieste influence-t-elle le sommeil nocturne? Il y a plusieurs écoles de pensée sur ce sujet. Chacun expose sa vérité. Suite à nos observations depuis plusieurs années, nos lectures et discussions à ce propos, nous soutenons qu’une sieste de 2 heures et moins effectuée avant 15 h n’aurait pas d’influence sur le sommeil du soir. Si l’enfant s’endort de lui-même au moment de la sieste, c’est qu’elle est nécessaire pour lui. Elle l’aide à récupérer et ainsi terminer sa journée dans un bon état d’esprit et physique. Si l’enfant s’endort à des heures tardives chez lui, il faut user de prudence avant de « condamner » la sieste de l’après-midi. D’autres éléments sont peut-être à considérer pour ajuster la transition vers le sommeil à une heure raisonnable.

Par contre, il est possible que la routine du soir et l’endormissement pour la nuit soient perturbés pour une raison particulière durant une période donnée. Il peut alors s’avérer facilitant de retirer ou diminuer le temps de sommeil diurne pendant une courte période (1 à 3 semaines) afin de rétablir le cycle.

On remarque aussi que certains enfants dorment au CPE et pas à la maison. C’est possible. Le contexte du CPE diffère du domicile. L’enfant doit supporter le bruit, les négociations multiples avec ses copains, les périodes d’habillement, le respect de diverses consignes reliées aux routines et aux activités. Tout cela exige énormément d’énergie. Quand 13 h arrive, une fois le calme installé dans le local, les paupières deviennent lourdes et le dodo salutaire! L’inverse est plutôt rare, mais possible. Peut-être que l’ambiance du CPE, la proximité des enfants du groupe, l’insécurité ou la vue des autres copains éveillés nuisent à son assoupissement. Si la sieste pour ce bambin est nécessaire au CPE afin de compléter sa journée en beauté, des solutions doivent être envisagées. Une discussion parent/éducateur peut être bénéfique.

Dans ce sens, une routine stable et des consignes claires sont nécessaires au bon déroulement de la sieste comme les autres périodes de la journée. Vous pouvez vous référer à la capsule « l’heure du coucher ou de se chicaner ». Les pictogrammes que l’on y retrouve peuvent être utilisés pour faciliter le temps de repos. Une autre capsule parsemée de moyens pour agrémenter la sieste suivra bientôt.

Les émotions

La gestion des émotions est un grand apprentissage chez les enfants, adolescents et même pour plusieurs adultes! Ce défi de taille est la pierre angulaire pour être en harmonie dans tous les milieux de vie! Plus l’enfant apprendra à gérer son petit « volcan qui bouillonne », plus il sera  épanoui, heureux et apte à se bâtir un réseau social! Il développera un équilibre émotionnel qui sera son meilleur allié pour toujours! Il importe que les parents et éducateurs (trices) établissent les bases dès le jeune âge pour ainsi faciliter la transition au préscolaire. Cet apprentissage que les petits doivent « pratiquer » au quotidien exige beaucoup de patience de la part des adultes! C’est une longue route parfois droite et à d’autres moments cahoteuse… mais tellement gagnante pour tous!

Allons-y étape par étape:

1 – Les reconnaitre:

  • Regarder des images des émotions (il existe plusieurs jeux et livres spécialisés sur ce thème).
  • Mimez-les devant le miroir et changez vos voix selon qui correspond à l’émotion imitée.
  • Dessinez-les.

2 – Les nommer, les exprimer:

  • À travers les histoires, inviter l’enfant à exprimer ce que peut ressentir le personnage.
  • Faites parler des toutous d’une situation et des émotions vécues face à celle-ci.
  • Donner l’exemple en verbalisant souvent vos émotions (ex. Je suis content parce que… Je suis fâché parce que… Je suis triste parce que…).
  • Après une situation ayant généré une forte émotion, inviter l’enfant à raconter l’évènement et à exprimer comment il se sentait.

Concernant l’émotion «fâchée», coller 2 images (tortue souriante, volcan) sur le frigo ou autre endroit à portée de mains. Quand l’enfant est disponible et jovial, lui expliquer que la tortue est calme et pacifique (marche tranquillement, visage paisible) tandis que le volcan explose et peut faire mal. Faire voir les parallèles entre une crise et la façon adéquate de s’exprimer quand on est fâché. Jouer souvent avec ces 2 images, car cela l’aide à concrétiser et intégrer ce qu’on attend de lui (la morale et les réprimandes sont peu efficaces).

3 – Les maitriser graduellement:

Lui rappeler d’utiliser des mots au lieu de crier quand il est fâché. Le FÉLICITER dès qu’il démontre des efforts pour s’exprimer sans paniquer, quand il « ressemble » à la tortue! Lorsqu’il est calme, discuter avec lui des différents moyens qu’il peut utiliser pour maitriser ses émotions.

Lorsqu’il vit intensément une émotion:

  • Lui dire que vous comprenez son émotion et qu’il a le droit d’être content, triste, etc.
  • Lui suggérer de prendre de grande respiration, de se retirer dans un espace où il se sent à l’aise.
  • L’inviter à libérer les tensions en frappant un coussin.
  • Le FÉLICITER dès qu’il se calme.

La gestion de soi est un cadeau pour la vie! Un petit pas à la fois! Regardez Vers l’Avant!