Exprimer ses frustrations

Il est naturel de vivre des frustrations et la façon de les exprimer est variable d’une personne à l’autre. En ce qui concerne les enfants, la frustration leur fait vivre des émotions intenses. Elles se traduisent par des réactions variées: pleurer, crier, gestes reliés à l’agressivité tant vers les gens qu’aux objets dans l’environnement, se refermer sur soi-même en boudant… Le retour au calme et à la bonne humeur peuvent prendre plusieurs minutes! Voici quelques pistes pour diminuer l’explosion émotive devant une déception ou un refus.

Tout d’abord, il faut comprendre que la frustration est réelle et justifiable. C’est la manière de l’exprimer qui doit être modifiée. Il ne s’agit donc pas de faire abstraction de tout ce qui peut lui occasionner une frustration, mais bien de lui montrer comment la gérer. Comment un enfant pourrait-il apprendre à gérer ses frustrations s’il n’en vivait jamais?

  • Lui apprendre graduellement à identifier dans son corps les sensations qui précèdent une frustration. De plus, pratiquer avec lui différentes façons de se calmer.
    • Respirer en faisant les «grosses joues», souffler sur une boule à plumes;
    • Se retirer dans un endroit calme, écouter de la musique, chanter;
    • Faire un casse-tête ou autres jeux calmes;
    • Crier ou frapper dans son oreiller;
    • Se défouler en cognant un sac de boxe;
    • Courir autour de la maison, faire des culbutes.
  • Le féliciter chaque fois qu’il exprime une frustration avec des mots et lorsqu’il démontre de l’autocontrôle avant que la situation «déborde» (ex. il se serre les dents et les poings en disant: «Suis fâché, j’aime pas ça!!!).
  • Si vous anticipez que la situation présente lui fera vivre une frustration, prenez les devants et dites-lui que vous comprenez son émotion. Par exemple : «Je comprends que tu sois déçu… On devait jouer au minigolf et finalement il pleut.
  • Moi aussi je me sens frustrée. Ce n’est vraiment pas agréable.» Il se sentira compris et respecté. Cette simple phrase peut désamorcer l’escalade d’émotions qui pourrait survenir.
  • Si la frustration se transforme en crise de colère, attendre la fin de la tempête avant de lui parler. En effet, durant une crise, l’enfant est indisponible à entrer en communication. Le sécuriser en lui proposant des moyens pour l’aider à se calmer. Si cela augmente l’intensité, le respecter et le surveiller du coin de l’oeil pour assurer sa sécurité et celles des autres s’il y a lieu.
  • Une fois calme, l’inviter à nommer les sensations (ou identifier des images) qu’il a vécues dans son corps durant la crise (son cœur bat vite, il a chaud, il serre les poings…).
  • L’aider à mettre des mots sur la cause de la frustration et les émotions ressenties. L’idée est de demeurer dans la dimension affective afin de l’outiller et non pas de jouer le rôle de l’adulte moralisateur pour lui dire ce qu’il aurait dû faire ou ne pas faire.

La gestion des émotions peut être le travail d’une vie! Soyez patients et regardez Vers l’Avant!