Caprice ou trouble alimentaire?

Vous savez sans doute que certains enfants sont difficiles au plan alimentaire, très sélectifs dans leur alimentation…quand un enfant refuse de manger, les repas deviennent rapidement un casse-tête et une source de tension pour la famille et les éducateurs/trices. L’heure des repas n’est pas toujours un moment agréable et l’occasion de se rassembler comme ça devrait l’être. De plus, on s’inquiète pour l’enfant, sa santé et sa croissance.

Saviez-vous que…

Plusieurs enfants passent une période durant laquelle ils sont difficiles. Ce comportement peut-être considéré normal, surtout pendant la petite enfance. Par contre, certains enfants sont affectés par un trouble alimentaire, un problème plus grave. Un trouble alimentaire peut se manifester d’une des façons suivantes : durée et/ou fréquence anormales des repas, intolérance (haut-le-cœur…) à la texture de certains aliments, manque d’appétit, comportements problématiques reliés à l’alimentation (pleurs, crises, refus…).

Plusieurs raisons peuvent amener un enfant à limiter les aliments qu’il accepte de manger. Il existe des troubles alimentaires d’origine sensorielle qui s’exprime par une hypersensibilité à la texture, au goût, à la température ou à l’odeur de l’aliment. Il existe aussi des troubles d’origine motrice : qui impliquent de la difficulté avec les mouvements qui permettent de mastiquer et d’avaler en toute sécurité (sans s’étouffer…).

Parfois, une expérience négative en bas âge liée à l’alimentation (maux de ventre, haut-le-cœur, vomissements, étouffements) ou une condition médicale (maladie, prématurité…) peuvent aussi être à la source d’un trouble alimentaire. Alors, contrairement à ce qu’on pourrait penser à prime abord, ce n’est qu’une faible proportion (3 à 10 %) des problèmes d’alimentation qui ne s’explique par des difficultés comportementales.

La règle des « 10 fois »

En moyenne, un enfant qui se développe normalement doit manger un aliment jusqu’à 10 fois avant de vraiment l’adopter ou le rejeter, c’est-à-dire 10 occasions complètement différentes où l’enfant mastique et avale l’aliment. Donc, le cerveau peut mettre jusqu’à 10 essais avant de «décider» s’il aime ça ou pas. Cela peut-être un argument intéressant à utiliser!!!

La puce à l’oreille…

En présence des signes suivants:

  • Faible prise de poids, perte de poids, croissance limitée;
  • Haut-le-cœur ou vomissements fréquents pendant le repas;
  • Difficulté pour un bébé de faire la transition vers les aliments en purées;
  • Difficulté de passer des purées aux aliments solides après l’âge d’environ 12 mois;
  • Évitement ou aversion de tout aliment avec une texture spécifique;
  • Absence d’un des groupes alimentaires parmi les aliments acceptés;
  • Répertoire de moins de 20 aliments différents acceptés par l’enfant;
  • Les repas en famille sont un combat à propos de la nourriture et de l’alimentation;
  • Crises ou pleurs à presque tous les repas;
  • Refus systématique des nouveaux aliments;

un trouble alimentaire peut-être en cause. Consultez une ergothérapeute du CREDE, elles interviennent avec les enfants ayant des problèmes alimentaires. Plus on intervient rapidement, mieux c’est ! Notez que cette liste de signes n’est pas exhaustive et que d’autres éléments peuvent être signe d’un problème significatif.

Cette capsule est une gracieuseté du Centre Régional d’Ergothérapie pour le Développement de l’Enfant (CREDE),
418-623-0640, Visitez leur site internet au www.crede.ca.