Tolérer l’intolérable? Partie 1

Aujourd’hui, c’est le troisième anniversaire de Jacob. Tout est en place pour vivre une journée inoubliable: sa famille entière, un clown comme invité spécial, plusieurs amis, des cadeaux et un énorme gâteau chocolaté! Pourtant, la réception s’est déroulée d’une tout autre façon… Pendant le spectacle, Jacob disait des «mots de toilette» et dérangeait son frère captivé par l’animation du clown. Au moment du repas, il a tapé deux fois son papa parce qu’il lui demandait de rester assis en compagnie des autres. Pour compléter sa fête, il a mordu un copain qui explorait l’un de ses nombreux cadeaux déballés. C’est avec la gorge serrée que ses parents ont ramassé la maison en fin de journée… Ce petit garçon qui sait être si adorable, charmant et intelligent maîtrise aussi l’art de tester les limites quant aux attitudes et comportements inacceptables.

Il est fréquent d’observer dès leur jeune âge plusieurs bambins explorer le chemin des agressions physiques. À travers cette découverte, le rôle d’apprendre la distinction entre les comportements permis versus interdits appartient totalement aux adultes. En effet, les comportements reprochables ne se volatilisent pas simplement parce que l’enfant vieillit. Selon la clarté du message verbal et non verbal, la conséquence immédiate et la constance, l’apprentissage de réactions adaptées aux situations s’effectuera rapidement ou lentement. Il faut intervenir fermement DÈS l’apparition d’un comportement inacceptable. Que ce soit une tape, une morsure, un coup de poing, une parole grossière… c’est intolérable à tout âge. Atténuer notre intervention parce qu’il est tout petit et mignon, parce qu’il est fatigué, parce qu’il y a de la visite… ne fait qu’ancrer le problème. Tôt ou tard, il faudra affronter la situation et instaurer des règles de vie socialement acceptables.

Soyez confiant et à l’aise dans vos interventions. Voici comment appliquer la «tolérance zéro».

  • Retirer l’enfant de son activité (arrêt d’agir) et le reconduire dans un endroit calme (pas ou peu de stimuli).
  • Lui dire d’un ton calme et ferme: « NON, c’est interdit de… ». Conserver ensuite le silence et s’éloigner, pas de négociations ou d’explications.
  • Laisser l’enfant se placer comme il veut pourvu qu’il demeure à l’endroit où vous l’avez reconduit (debout ou assis, mais sans chaise, car il pourrait la lancer ou la basculer au sol).
  • Si l’enfant refuse de rester en place : ­Demeurer CALME (ton de voix ferme, mais bas).
  • Constance : reconduire l’enfant à l’endroit désigné jusqu’à ce qu’il accepte d’y rester.
  • L’utilisation d’une minuterie ou d’un sablier peut être aidante pour situer l’enfant par rapport à au temps d’attente (1 minute environ par tranche d’âge). Si aucun marqueur de temps n’est utilisé, aller le chercher dès qu’il est calmé physiquement et silencieux. L’enfant comprendra que son retrait sera écourté s’il gère mieux ses émotions au fil du temps.

­Éviter de lui faire «réparer» son geste, car cela lui apprendra qu’un comportement interdit est «toléré» pourvu qu’on «l’efface» ensuite par une douceur. Éviter aussi de dialoguer et moraliser à propos de l’événement, car cela accorde de l’attention sur ce que l’on souhaite voir disparaître.

En résumé, soyez catégoriques, constants et rendez service aux enfants en ne tolérant plus l’intolérable! Regardez Vers l’Avant!

À la suite de la publication de cette capsule, plusieurs personnes nous ont écrit pour nous faire part de leurs questionnements. En réponse, nous vous invitions à consulter notre clarification sur cette capsule.

Consultez la seconde partie de cette capsule : « La prévention, une voie qui rapporte! ».